2010-2011 Recettes atelier « l’art comme processus de transformation »

2010-2011. ATELIER « L’art comme processus de transformation ».  


1. RECETTES

Exemple : du liquide au visqueux.

Epaississant : xanthane

Emulsifiant : sucroester, lécithine de soja

Gélifiant : agar-agar

TRANSFORMER L’EAU EN BULLES : 200gr d’eau / 100gr de sucre / 2gr de sucroester

RALENTIR UN LIQUIDE : 0,2gr d’épaississant / 100gr d’eau / Mélanger à 50°C / Mixer / Laisser refroidir

 

GELIFIER UN LIQUIDE : 2gr de gélifiant (1 feuille) / 100gr d’eau froide / Chauffer

RALENTIR L’EAU DE MER : 400gr d’eau de mer chauffée / 5gr d’agar-agar / Laisser refroidir

Plastique alimentaire : 200g d’eau / 4g méthyle cellulose / 6g glycérol

1-disperser le méthyle cellulose dans l’eau et laisser tremper 24h (ne pas oublier de mettre un film plastique pour éviter la poussière).

2-le jour suivant, ajouter la glycérine en remuant doucement pour éviter que le mélange ne mousse.

3-mettre 1 à 2 mm du mélange dans les moules de silicones et déshydrater à environ 50°C

 

Substances associées à un territoire : eau de mer, algues, sable, eau, vin, bière, miel, champignons… Les odeurs sont liées à des lieux géographiques.

Caraméliser pour solidifier une odeur : base neutre et une injonction. Caramel d’isomalt et huile essentielle (substance géographique). 25% de fondant / 25% glucose / 50% isomalt. Chauffer à 160°C. Etendre sur papier sulfurisé. Ajouter l’huile essentielle quand le mélange refroidit.

Particularités de la MAIZENA : surface réagissant aux jeux de tension. Une matière qui va se mettre en forme par le son.

DESHYDRATER UNE SUBSTANCE : essais avec la carotte. Possibilité d’obtenir des feuilles de lait par exemple.

 

Transformer un élément en travaillant avec le langage : manger un paysage / Liquéfier un siège / Transporter l’obscurité / Respirer l’ombre…

 

Glisser d’une matérialité à une autre désigne des transformations de sens.

2. INSCRIRE DES NOTIONS, IDÉES, DESSINS, COULEURS, MATERIAUX… QUI SEMBLENT LIES À L’ATELIER DU JOUR. Début du processus, quelques exemples.

 

Ludivine et Léa. Narration : féerie et sorcellerie. Poudre de transformation des corps. Séduisant / Répugnant. Dur / Mou / Enveloppe gluante.

Mathilde. Quelque chose qui se mange / Sphère, caramel ou gélification intérieure / Perles de bière / Transformer du vulgaire en précieux.

Sarah et Maïlys. Paysage / Moment agréable. Intégrer la chaleur : installation de galets chauffés.

Thomas. Une accélération de peinture. Matériau Maïzena colorée et soumise à une musique.

Angélique. Encapsuler un souvenir dans une bulle.

Marion. Faire vibrer un souvenir par le son. Activer des informations présentes dans l’eau du corps. L’eau ressent-elle des souvenirs lorsqu’on la fait vibrer ? Se mettre en vibration avec la musique. Donner à percevoir une mémoire ancestrale activée par le son.

Charlotte. Une bulle avec quelque chose de semi-solide à l’intérieur. Du lourd, sauvage, gigantesque à l’œuf. Notions de libération, de genèse.

Romane. Incorporer un sentiment, des larmes. Des larmes « ralenties » présentées sur un support transparent + texte. Démarche identifiable par le spectateur : présentation qui s’oppose au choix de l’artiste Fabrice Hyber. En effet ses dessins montrent des répétitions, des échos, du temps ; collés sur un support, ils sont recouverts de mots, écrits manuscrits jouant sur les effets de transparence. Le spectateur doit être mis dans la position de celui qui décrypte, voir déforme donc transforme la pensée de l’artiste. Romane, au contraire, décide de guider le spectateur.

Coralie. Un contenant à transformer en contenu. Inversion. Bouteille de Klein.

Marie. Poudre de plume. Indétermination de la localisation de l’œuvre : annulation de l’espace entre le spectateur et la diffusion. Le vocabulaire de Henri Bergson par Frédéric Worms, Ellipses, 2007 : «…Supposez que la distance entre notre corps et l’objet devienne nulle, c’est-à-dire que l’objet à percevoir coïncide avec notre corps, c’est-à-dire enfin que notre corps soit l’objet à percevoir.» Tendre vers l’immatériel : le voyage, la légèreté, l’élévation. Activateur d’imaginaire. Question de la médiatisation indispensable de l’art.

 

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démarches plastiques des élèves : Antoine.

Antoine. B O D Y L I Q U I D – S C U L P T U R E – 2 0 1 1.

«L’idée est de recréer un liquide. Un liquide qui se rapproche de celui que l’on peut trouver dans notre corps, par exemple dans l’estomac. La nourriture habituelle à un aspect attrayant, elle doit donner envie de manger, mais lorsqu’elle est transformée dans notre corps, elle est métamorphosée, notamment dans l’estomac. L’idée est de donner une idée de cette transformation directement, que la nourriture reste belle, mais sous un autre sens du terme. Elle ne doit pas donner envie de la manger, mais elle reste mangeable.

Comme dit précédemment, l’œuvre est une représentation de la nourriture dans notre corps. Elle n’est plus à l’état de nourriture, mais à l’état d’alimentation, de liquide composé d’eau, de protides, de lipides, de glucides, de cellulose, de minéraux et de calories. On ne la voit pas habituellement dans notre corps, on ne voit pas sa métamorphose, mais la nourriture de notre assiette est aussi repoussante dans notre estomac. Elle nous donne une version finale de ce que l’on mange.

Le projet est composé de différentes matières, de différents procédés : notamment la gélification et la sphérification. Chaqu’ un représentant une partie de l’organisme : les perles pour les cellules, les rainures pour les veines, la mousse pour la bave, et le gel pour le liquide corporel.

Les perles ont été réalisées avec de l’alginate, suivant le procédé de sphérification, et sont composées d’eau et de grenadine, avec un parfum guimauve. La mousse à été réalisé avec du xathane et de l’eau à l’aide d’un batteur. Le liquide avec de l’alginate, du colorant orange et noir avec un arôme de barbe à papa. Les rainures sont crées grâce à un film plastique en dessous du liquide.

Pour l’instant le tout est disposé de manière plane, mais ont peut imaginer une représentation plus complexe et appliquée dans un vase cylindrique, pour pouvoir voir de plusieurs points de vue sa compositions, mais également pour pouvoir jouer avec les couleurs. En effet les variations de lumières pourraient modifier les ombres et donner des aspects intéressants. Une branche d’ADN serait aussi créer au milieu, pour rappeler l’appartenance à l’homme, en disposant les sphères petit à petit sur des couches de gel.

Ce projet est en référence à l’artiste Mike Kelley, l’un des plus importants artistes de la côte Ouest des États-Unis depuis 1980. Son art évoque souvent des organismes, des structures, et parfois d’origine l’homme. Il utilise des couleurs corporelles, dans les tons rouge, jaunes et marronné mais toujours avec des connotations ternes. En décembre 2005, le critique d’art Jerry Saltz cita Mike Kelley comme un exemple novateur du clusterfuck aesthetics (« esthétique du foutoir »), la tendance de l’art contemporain par rapport à l’ère du multimédia envahissant.

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présentation de la résidence

2010-2011 Résidence d’artiste au Lycée Public Félix Le Dantec à Lannion

Cette première édition s’est constituée avec l’artiste Laurent Duthion.

 

2011 buffet coloré / vernissage

 

Sites internet : http://www.duthion.net/ et www.ddab.org

Pour son projet artistique, Laurent Duthion a choisi au lycée ce qui permettait la faisabilité d’un ancien projet : deux bras robotisés dont un FANUC m-20ia, modèle qui a conditionné la nature du projet. Les étudiants en licence professionnelle de la Mécanique Ingénierie Numérique -MIN- cours de David LEROY, sont formés sur les logiciels propriétaires de ses machines tout comme ils le sont sur les logiciels d’ingénierie tels que Catia ou SolidWorks. La conception des mouvements a nécessité son travail en amont puis fut relayée par les étudiants et surtout David LEROY dans le but de programmer le FANUC m-20ia. Tout d’abord, différents mouvements d’animaux ont été identifiés ; ensuite après l’écriture d’une scénographie, ces mouvements ont été programmés et réalisés par le bras robotisé. Le lieu de tournage est l’atelier-hangar technique où se trouvent actuellement les deux FANUC. Cette performance filmée joue sur l’ambiguïté robot-animal-végétal. Le film produit à l’issue de cette résidence n’est qu’une partie d’un processus questionnant la notion de réel, peut-être le glissement de l’espace de représentation à un autre espace…

Vidéo de Laurent Duthion – Robot 2011

L’atelier avec les élèves d’arts plastiques dans le cadre de leurs cours avec Marie-Line NICOL a consisté à expérimenter l’art comme processus de transformation. Laurent Duthion a présenté sa pratique artistique à la croisée de l’art et de la science. Puis l’organisation d’un atelier a permis aux élèves d’expérimenter la transformation de substances très labiles, telles des substances géographiques ; transformer une matérialité en une autre désigne des glissements de sens. A la suite de ces expérimentations, chaque élève s’est approprié une substance matérielle, l’a transformée et a amorcé un processus artistique. Les élèves ont ainsi mis en œuvre toutes les phases d’un processus artistique : l’idée, la conception, la production et la diffusion d’un objet ou d’une expérience. Les références artistiques convoquées ont été Marcel Duchamp, Joseph Beuys, Matthew Barney, Fabrice Hyber, Claire Roudenko-Bertin.

Après la présentation de son projet de résidence au sein du lycée lors de la journée de prérentrée en septembre 2010, Laurent Duthion a été sollicité par Chantal PIERRE, enseignante en physique pour intervenir auprès des 90 élèves de seconde inscrits au module de découverte « arts et sciences ». Laurent Duthion a préparé deux conférences : « Les métiers scientifiques du monde de l’art » et « Les constituants chimiques de la peinture ».

Grâce au relais du CDI, quelques élèves ont bénéficié des connaissances de Laurent Duthion pour préparer un TPE sur le thème de la cuisine moléculaire.

Interlocuteurs :

Marie-Line Nicol, enseignante en Arts plastiques, professeur relais à la galerie du Dourven, Trédrez-Locquémeau. marie-line.nicol[at]ac-rennes.fr

Sandra Flouriot, responsable du service éducatif à la galerie du Dourven, Trédrez-Locquémeau. 02 96 35 21 42 galeriedudourven[at]itineraires-bis.org

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